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18 mois plus tard… premiers résultats de la nouvelle stratégie de Belkhayat

25 centres sociosportifs de proximité (CSSP) déjà opérationnels. 147 en cours d’achèvement. Ils accueillent déjà entre 500 et 1 000 adhérents chacun.

18 mois plus tard... premiers résultats de la nouvelle stratégie de Belkhayat

 

Lorsque Moncef Belkhayat est entré en fonction, il y a dix-huit mois, le sport marocain n’était pas au mieux de sa façon, pour user d’un euphémisme.

 Il faut dire que ses meilleurs fleurons avaient, depuis belle lurette, quitté l’arène. Zaki, Dolmi, Timoumi, Naybet, Bassir, Hadji sénior avaient raccroché les crampons ; Aouita, Boutayeb, Hissou, El Guerrouj, Bidouane, et tant et tant de coureurs aux semelles de vent, avaient mis fin à leur flamboyante carrière ; El Alami, El Aynaoui et Arazi avaient remisé leurs raquettes au grenier des souvenirs.

 Leurs successeurs, plutôt que de les faire oublier, ne sont parvenus qu’à les faire infiniment regretter. On a eu beau se porter au chevet du moribond, avec force remèdes revigorants et recettes miraculeuses, jamais il n’a retrouvé des couleurs. Du coup, le nouveau ministre, bon joueur d’échecs, dit-on, devait affronter un casse-tête. Mais quand on a été frotté à la philosophie fonceuse de multinationales et de grandes entreprises privées, on apprend à ne pas se décourager devant la difficulté.

 

Au moment où Belkhayat est entré en fonction, le sport n’était pas au mieux  de sa forme

Nous nous étions attendus à rencontrer un homme perdu de doutes, écrasé sous le poids de la tâche qui lui est dévolue, recru de fatigue; nous nous sommes retrouvés devant un quadra pimpant, gonflé à bloc, affichant une pêche d’enfer. Le secret en est sa satisfaction, non déguisée, d’être en voie de mener sa mission à bon port. 

Ainsi que l’attestent les premiers fruits de ses semences. De quoi rassurer les sceptiques. Moncef Belkhayat n’est pas près d’oublier ce jour du 23 septembre 2009, où il a exposé sa vision du sport, inspirée de la lettre royale, sa stratégie et son plan d’action pour le remettre en selle, en continuité avec les propositions des deuxièmes assises du sport, sous l’égide de Nawal Al Moutawakkil, devant un parterre rarement encourageant, souvent peu convaincu, parfois railleur. C’est sans doute cela qui l’a encore davantage incité à  mettre les bouchées doubles et conduire ses actions au pas de charge.

Le sport pâtissait de l’insuffisance comme de l’état lamentable des infrastructures. A peine nommé, le ministre fera de cette fâcheuse question une priorité. Des stades, pratiquement à l’abandon, ont été reliftés, sinon remis à neuf. D’autres, plus spacieux et plus somptueux, fonctionnent déjà, celui de Marrakech; sont achevés et prêts à servir, celui de Tanger; ou en cours de finition, celui d’Agadir, dont l’ouverture est prévue à fin 2011. Le plus attendu, le Grand stade de Casablanca, est encore à l’état de projet.

Mais, nous assure Moncef Belkhayat, sept cabinets d’architecture, en course, y travaillent d’arrache-pied. Le terrain qui l’abritera est déjà connu et il abritera les prochaines assises du sport prévues en mai 2011. Dans la foulée, le Centre Moulay Rachid sera aménagé de manière à se convertir en un espace multisports d’excellence, le meilleur d’Afrique, permettant l’éclosion de sportifs de haut niveau. Son inauguration est programmée en septembre 2011. Enfin, Rabat jouira d’un village sportif, qui sera planté à Bellevue, où seront logés les 44 fédérations, en sus d’un complexe comportant piscines, terrains de football, piste d’athlétisme, salles omnisports, cafés, restaurants, hôtel et tutti quanti.

 

L’infrastructure une priorité parmi les priorités

Toujours au chapitre des infrastructures, dans un temps pas si lointain, les villes regorgeaient de terrains vagues qui étaient des gisements intarissables dans lesquels puisaient les équipes. 

Qu’auraient été le Wydad, le Raja, le KAC ou le DHJ et d’autres clubs au jeu chatoyant sans ces pépinières de talents ? Seulement, la furie bétonnante a eu raison d’eux. Pour pallier cette perte, le ministère de la jeunesse et des sports a eu l’idée de semer dans les quartiers, des clubs sociosportifs de proximité  (CSSP), offrant, en contrepartie de droits d’adhésion entre 25 et 75 DH par personne et mois, un terrain omnisports, une salle polyvalente, un espace dédié aux jeunes, une crèche, et la possibilité de pratiquer pas moins de quatorze sports, du football et basket-ball au karaté et l’aérobic, en passant par le ping-pong et le judo.

Sans compter l’avantage de pouvoir lire à loisir ou assouvir son plaisir des jeux de société, tels le Scrabble et le Monopoly. Pour l’heure, le nombre de CSSP est de 25, mais 147 sont en cours de construction, pour être disponibles en septembre prochain, et 300 accords ont été signés entre le ministère de la jeunesse et des sports et les communes.

La réussite des CSSP, qui accueillent déjà une moyenne entre  500 et 1 000 personnes chacun, a encouragé Moncef Belkhayat à lancer, selon son expression, «un nouveau produit», répondant au nom de CSP Urban Foot. Un nom à rallonge, mais qui consiste simplement en une aire de jeu de mini-foot, couverte de gazon synthétique, un grillage et des projecteurs électriques. On en verra pousser à Casablanca, Salé et Marrakech, dès mai prochain. Plus tard, d’autres sont prévus probablement dans les campagnes, tant le ministre est persuadé que celles-ci abondent en champions en herbe.

Mais pour pourvoir les CSSP en moniteurs, animateurs, managers ou directeurs, il importe de former les gens à cet effet. 

 

Une filière sportive, un brevet d’aptitude et un cursus sport et études

Le ministre s’en est fait un devoir. Il a commencé par réouvrir l’Institut royal de formation des cadres, longtemps verrouillé, où cent bacheliers en 2009, puis trois cents, en 2010, ont été accueillis, afin d’y suivre une filière sportive. Constatant que beaucoup de personnes, qui ont voué leur vie au sport, ne disposaient pas d’un bagage adéquat, le ministère de la jeunesse et des sports a créé, à leur intention, un brevet d’aptitude.

Enfin, pour mettre en œuvre sa politique de sport de haut niveau, voulue et soutenue par un don royal, Moncef Belkhayat a institué un cursus sports et études, portant sur dix sports différents, dans sept villes différentes. Trois cent cinquante jeunes, âgés de 10 à 16 ans, qui promettent, sont préparés ainsi aux Jeux Olympiques de 2016 et 2020. Peu porté sur l’autosatisfaction, Moncef Belkhayat, pourtant, s’enorgueillit de sa politique de formation. «Nous avons là ouvert de beaux chantiers», se félicite-t-il.

Infrastructures, formation constituent les deux premiers axes de la stratégie du ministre, la gouvernance en est le troisième. «Notre souci principal était de restaurer l’autorité de l’Etat sur la galaxie sportive. Elle n’était pas totalement absente, mais pas ferme. C’est ainsi que, aujourd’hui, toute relation entre le ministère et les fédérations est d’ordre contractuel, fondée sur un contrat de 4 ans, prenant en compte des objectifs chiffrés et des subventions négociables. D’autre part, pour la première fois dans son histoire, le ministère de la jeunesse et des sports a audité, avec l’aide de grands cabinets internationaux, l’ensemble des fédérations», souligne Moncef Belkhayat. En 2010, le ministère a versé 323 MDH aux 44 fédérations, 40% de plus qu’en 2009. Mais en 2011, la subvention sera assujettie aux «performances» de chaque bénéficiaire. Et en vertu du nouveau mode de gouvernance, le ministère et la FRMF travaillent de concert sur la professionnalisation du football.

 

La professionnalisation du football, dès la saison 2011-2012

Professionnalisme. Le mot donne des sueurs froides aux clubs, et ils sont nombreux, qui ne sont pas en mesure de satisfaire aux exigences du cahier des charges prescrit. Neuf millions de dirhams de budget exigé, ça ne se trouve pas sous les pas d’un cheval, protestent-ils. Mais Moncef Belkhayat se montre intransigeant. 

Coûte que coûte, le championnat professionnel sera lancé à la saison 2011-2012. Et il ne comprend pas les réticences d’aucuns, d’autant que le professionnalisme est tout bénéfice pour le football marocain, qui y trouvera son salut, alors qu’aujourd’hui il est sur une pente raide. Quant au sort des clubs impécunieux, il est scellé, ils boxeront dans la catégorie amateurs. Et si ces équipes n’ont pas encore bien assimilé la loi sur la professionnalisation du football, elles verront un peu plus clair grâce au colloque Sport Med sur la professionnalisation du sport en Afrique, qui se tiendra en marge de la semaine internationale du sport prévue à Marrakech du 15 au 20 mars.

De grandes figures sont attendues à ce colloque comme Issa Hayatou, président de la CAF et Ali Fassi-Fihri, président de la FRMF. Du reste, Moncef Belkhayat n’est pas peu fier de pouvoir annoncer qu’en marge de la Semaine se tiendra le premier festival international des sports extrêmes, dont le budget de 10 MDH est entièrement couvert par les sponsors. «Nous avons créé un modèle de sport business», affirme le ministre.

Préoccupé par le sport, Moncef Belkhayat n’a pas, pour autant, négligé la jeunesse. Avant de prendre des mesures nécessaires, il a pris soin, avec le concours des départements de l’éducation nationale, de l’intérieur, de la santé et de l’environnement, de radiographier cette classe d’âge, à travers une étude menée auprès de 4 000 jeunes, de sorte à pouvoir établir un diagnostic. A partir duquel il envisage d’organiser les premières assises nationales de la jeunesse, d’autant plus impérieuses que les jeunes sont devenus impatients, rétifs, rebelles.

Or, l’Etat, déplore Moncef Belkhayat, ne propose rien en matière de loisirs. C’est pourquoi le ministre est résolu à faire cas de ces «JAC» (jeunes adultes célibataires) dans ses offres de voyages et de colonies de vacances. Par ailleurs, le ministère est en train de tester un nouveau concept, celui de Centre de services des jeunes (CSJ), destiné à répondre aux besoins des jeunes, qui ont un travail à mi-temps, des soins et un environnement sain. Ils sont trente pour l’heure et ils ne désemplissent pas.

Comme on peut l’observer, le ministre de la jeunesse et des sports n’a pas chômé, depuis sa nomination, et au bout de 18 mois, il peut être fier de son bilan amplement convaincant. 

Questions à : Moncef belkhayat, ministre de la jeunesse et des sports : «Nous sommes actuellement à la recherche de 1 000 profils pour les CSSP»

«Nous sommes actuellement à la recherche de 1 000 profils pour les CSSP»

 

La Vie éco : Quelles sont les mesures qui vous ont particulièrement aidé à mettre en œuvre votre stratégie ?

Moncef Belkhayat : En premier, le partenariat conclu avec les collectivités locales. Ensuite, les accords avec des fédérations internationales, pour mitonner des manifestations de grande envergure, tels que la CAN juniors 2013 et 2015 séniors. Je peux citer aussi le fait d’avoir pu persuader le ministère des finances de nous accorder une augmentation substantielle du budget, sans laquelle nous ne pourrons pas mener à bien notre mission. Pour ce qui est du privé, il ne nous est pas encore entièrement acquis, mais cela ne tardera pas, puisque nous avons obtenu que des entreprises privées nous soutiennent pour développer des stades de proximité et que l’inauguration du stade de Marrakech a été totalement financée par le sponsoring et les sociétés privées.

Les centres socio-sportifs de proximité (CSSP) génèrent-ils des revenus ? Sont-ils rentables ?

Nous tirons nos revenus à la fois des entrées, de la régie publicitaire, des deux boutiques et de la cafétéria, que nous réinvestissons dans la maintenance et surtout l’animation. Car pour qu’un centre puisse marcher, il lui faut des animateurs et des moniteurs, sinon il ne servirait à rien. C’est ainsi qu’à l’horizon 2012 nous aurons créé 1 500 emplois. Nous sommes actuellement à la recherche de 1 000 profils. Nous avons donné la priorité aux diplômés chômeurs, avec 4 000 DH mensuels nets et protection sociale garantie, ils ont refusé notre offre. Bref, nous ne faisons pas de bénéfices, puisque les dépenses et les recettes s’équilibrent, mais comme nous sommes une mission de service public, nous ne pouvons qu’être satisfaits.   

Vous ne trouvez pas qu’en imposant aux clubs, dans la perspective du professionnalisme, un budget de 9 MDH, votre département a placé la barre trop haut, surtout pour des petites équipes aux moyens chétifs ?

9 MDH n’est qu’un minimum, et je considère que ce minimum est raisonnable et aisément abordable. Dans la mesure où les clubs reçoivent de nous 2 MDH annuels, auxquels il faut ajouter les droits à l’image, les dividendes des centres de formation et
la billetterie.

Oui, mais pour la billetterie, il faut du public…

A l’inauguration du stade de Marrakech, nous avons mis en circulations 33 000 billets, ils ont été tous raflés, et notre recette s’est élevée à 10,7 MDH, entre billetterie, loges et restaurant; le derby Raja-WAC a généré 2,5 MDH. Pour cela, il faut disposer d’un stade conforme aux normes. Et quand on possède un centre de formation bien structuré, on peut être sûr qu’un jeune formé pendant 5 ans, vaudra, au début, 20 000 à 30 000 DH, mais au bout de 5 ans ce sera 2 MDH. Si avec ça, on prétend ne pas disposer de 9 MDH, c’est qu’il y a un problème.

Et-Tayeb Houdaïfa. La Vie éco

Commentaires»

  1. No one is right, everyone is wrong. That is the basics.

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