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Biennale de Venise: l’architecture n’a pas horreur du vide 31 août, 2010

Posté par zenatanews dans : Culture , trackback

 Le vide est aussi important que le bâti: c’est sur ce postulat radical que repose le message de plusieurs pavillons nationaux de la Biennale d’Architecture de Venise, qui ouvre dimanche ses portes au public.

 La Japonaise Kazuyo Sejima, première femme à diriger la Biennale, a annoncé la couleur: « L’édition 2010 de la Biennale est une exposition qui cherche à redécouvrir l’architecture et à remettre en question le potentiel de l’architecture dans la société contemporaine ».

 Un discours quelque peu hermétique qui trouve une illustration concrète dans l’exposition organisée par le pavillon français et intitulée « Metropolis »: à partir de l’étude de cinq métropoles françaises (Paris, Lyon, Marseille, Nantes et Bordeaux), elle propose « une nouvelle lecture de l’espace urbain, de son occupation et des possibilités qu’il recèle dans ses creux ».

  »Entre le plein et le vide, entre le bâti et l’interstice, il existe des passerelles et un dialogue à construire« , affirme le ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand dans sa présentation de l’exposition.

  »Avec +Metropolis?+, on a mis en lumière la présence du vide, c’est-à-dire ces espaces qui sont constitués par des rues, par des places, des fleuves... » renchérit le commissaire de l’exposition, l’architecte français Dominique Perrault, dans un entretien à l’AFP.

  »Dans ces espaces, il y a 95% de vide et 5% de bâti! Et cette lecture nous oblige à un certain optimisme et à une certaine générosité, car on ne peut plus dire que la métropole est un lieu de fatalité, puisqu’on dispose de 95% de vide, de possibles« , s’enthousiasme-t-il. « Cette notion du vide, c’est peut-être une des grandes utopies qui commence à apparaître« , conclut-il.

 A un jet de pierre du pavillon français, le Japon s’intéresse aussi à cette problématique et dédie une salle entière au « métabolisme du vide »: à partir de l’exemple de Tokyo, l’architecte Yoshiharu Tsukamoto démontre l’importance de ce phénomène au niveau des habitations individuelles constituant le tissu urbain.

 A travers une sorte de « cycle vital qui se répète environ chaque quart de siècle, les espaces de terrain vides qui entourent les unités d’habitation subissent des transformations (destruction, reconstruction, adjonction) qui renouvellent en permanence le tissu urbain », comme une sorte de respiration.

  »Il est essentiel que nous prenions en compte ces espaces intermédiaires et réexaminions les quartiers résidentiels à leur lumière« , conclut Tsukamoto.

 Ce discours sur le vide a en revanche le don d’irriter l’architecte française Odile Decq, croisée dans les jardins de la Biennale et pour laquelle « il n’y a pas de vide ».

  »L’espace entre les bâtiments n’est pas du vide. Quand on est architecte, on peut penser comme ça. Mais quand on est également urbaniste, on pense différemment, parce que l’urbaniste travaille justement sur cet espace-là, l’espace qui est entre les bâtiments et qui est l’endroit où l’on vit en ville, dans lequel on se rencontre, on socialise« , explique à l’AFP Mme Decq, qui vient d’achever l’extension du Musée d’Art contemporain de Rome (MACRO).

 Pour elle, « le devoir de l’architecte, c’est de faire en sorte que les humains soient à leur aise, aussi bien dans les espaces construits que dans les espaces extérieurs ». Le débat reste donc ouvert.

afp.com

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