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Les détenus de la plus grande prison d’Asie se lancent dans le e-commerce 31 octobre, 2010

Posté par zenatanews dans : Monde , trackback

 Le plus grand centre de détention d’Asie du sud, la prison surpeuplée de Tihar à New Delhi, se lance dans la vente sur internet, offrant au consommateur des produits fabriqués par les détenus, meurtriers compris.

 Tihar Jail, construite pour accueillir 6.250 personnes mais qui en abrite aujourd’hui près du double, possède une boulangerie qui produit 13 différentes sortes de biscuits ainsi qu’un atelier qui fabrique de la papeterie sous la marque TJ.

 Les ateliers occupés par 714 détenus sélectionnés produisent aussi des paillassons, des chemises, des chaussures, de l’huile de moutarde et des bancs ouvragés que l’on retrouve dans les bureaux du gouvernement de New Delhi.

 Lors du dernier exercice budgétaire clos en mars, la prison a enregistré un chiffre d’affaires de 110 millions de roupies (1,79 million d’euros). Après avoir ouvert plusieurs magasins dans tout le pays, la prison se lance désormais dans le commerce en ligne (www.tihartj.nic.in).

  »Au cours des derniers 18 mois, nous avons réalisé que nous avions une bonne capacité de production et qu’il était temps de penser au marketing« , souligne Rajesh Goyal, le responsable des ateliers et initiateur du site internet.

  »Nous espérons que ce site va accroître notre visibilité, de plus en plus d’habitants à Delhi utilisant internet« , poursuit-il, ajoutant que la production globale des détenus devrait augmenter de 60% cette année.

 Et si les consommateurs habitent à des milliers de km de Delhi, la prison assurera la livraison, affirme ce responsable.

 Le site au design professionnel, propose, images à l’appui, les différentes catégories de produits disponibles ainsi qu’une liste de prix.

 Pour l’instant, le consommateur peut uniquement passer commande par téléphone mais les autorités espèrent que d’ici décembre il sera possible de commander et acheter en ligne.

 Pradeep Sharma, le responsable adjoint de l’usine, rappelle que la marque TJ a été lancée voici dix ans pour donner aux détenus une dignité.

 « Les gens arrivent en prison avec des pensées négatives, ils sont perturbés par leurs souvenirs, beaucoup sont déprimés ou montrent des tendances suicidaires. C’est pourquoi nous voulons les occuper et leur donner un travail fondé sur leur niveau de compétences« , résume-t-il.

 Tous les employés ont un salaire quotidien compris entre 40 et 52 roupies (autour de 1 euro), avec des incitations financières supplémentaires pour ceux qui dépassent les 48 heures hebdomadaires fixées par la prison.

 Seuls les détenus présentant « un risque faible » sont autorisés par les autorités à venir travailler.

  »Soixante pour cent de nos détenus ne sont pas des criminels de profession. Ils ont été impliqués dans des morts accidentelles, des vols par convoitise ou ils se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment« , estime M. Sharma.

 Pour des hommes tels que Mohammad Shahid, qui purge actuellement sa 16e année en prison sur une peine de 20 ans pour avoir hébergé des terroristes, l’atelier est la seule source d’espoir.

  »J’ai fait quelque chose de mal, je ne savais pas comment me comporter autrement », confie à l’AFP cet ancien commerçant de 49 ans de l’Etat de l’Uttar Pradesh (nord). « Je suis content de travailler, c’est mieux que de tenir un magasin« , assure-t-il.

 L’un des plus lourdement condamnés dans l’histoire récente de la prison, Siddarth Vashisht — le fils d’un homme politique condamné pour le meurtre d’un barman à Delhi en 1999 — supervise le fonctionnement des ateliers.

  »Le travail est la seule chose qui vous fait avancer. L’esprit reste fécond. Cela aide à rester en contact avec la réalité« , estime-t-il.

afp

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