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Sahel : trois étrangers enlevés et un autre tué à Tombouctou 25 novembre, 2011

Posté par zenatanews dans : Monde , trackback

 Trois étrangers ont été enlevés et un autre tué vendredi en plein coeur de Tombouctou (nord du Mali), au lendemain du rapt de deux Français à Hombori, localité située plus au sud, par des ravisseurs soupçonnés d’appartenir à la branche maghrébine d’Al-Qaïda.

 Les enlèvements et le meurtre ont eu lieu sur la place centrale de Tombouctou, haut lieu du tourisme au Mali, alors que ces quatre personnes se trouvaient dans un hôtel-restaurant, ont indiqué des sources des services maliens de sécurité à l’AFP.

 Celui qui a été tué l’a été alors qu’il résistait à l’enlèvement avec trois autres personnes. Leurs nationalités n’ont pas été précisées.

 Ce sont désormais au total neuf ressortissants étrangers, dont six Français, qui sont détenus au Sahel.

 Ces nouveaux enlèvements et ce meurtre surviennent après le rapt, jeudi vers 01H00 (locale et GMT), de deux Français dans un hôtel d’Hombori, bourg entre Mopti et Gao, à environ 200 km au sud de Tombouctou, par des hommes armés qui ont emmené leurs otages vers une destination inconnue.

 Des soldats français patrouillaient vendredi aux côtés de l’armée malienne dans cette région pour tenter de les retrouver.

 Aux côtés de militaires maliens, un journaliste de l’AFP a vu dans la région d’Hombori une dizaine de soldats français, venus de Sévaré, près de Mopti (nord), où ils forment habituellement des soldats d’élite de l’armée malienne.

 Cinq personnes ont été interpellées depuis jeudi à Hombori, dont le guide des Français, Ibrahim Ould Bah, a-t-on appris de source policière.

 Les deux hommes ont été enlevés jeudi vers 01H00 (locale et GMT) à l’hôtel « Le Dombia » d’Hombori par sept hommes armés.

 Ils y étaient arrivés mardi vers 20H00 pour le compte d’une société malienne, Mandé Construction Immobilière (MCI), afin de faire des prélèvements de sols en vue de la construction d’une cimenterie.

 Au « Dombia », ils n’ont pas rempli de fiche à leur arrivée, mais leurs noms ont été consignés dans un cahier par la direction de l’établissement qu’a pu consulter l’AFP: Philippe Verdon et Serge Lazarevic.

 Ces mêmes noms se retrouvent sur l’ordre de mission de MCI signé de son directeur, Djibril Camara. Philippe Verdon y apparaît comme « chef de mission », Serge Lazarevic comme « chef minier ».

 Serge Lazarevic, décrit comme un « colosse métis arabe » par des témoins et Philippe Verdon, « d’allure plutôt frêle », venaient d’effectuer leur première journée de travail sur le terrain lorsqu’ils ont été enlevés.

« Bien organisé »

 L’enlèvement « a été bien organisé », a affirmé une source sécuritaire à Hombori. « Nous pensons que des gens sont venus d’un pays voisin du Mali pour participer à l’opération », a affirmé cette source.

 Des interrogations subsistent sur les activités réelles des deux Français présentés comme des géologues, leurs noms – si ce ne sont pas des homonymes – apparaissant sur des sites Internet relatant diverses et troubles activités passées aux Comores et à Madagascar pour M. Verdon, dans les Balkans et dans l’ex-Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) pour M. Lazarevic.

 Les ravisseurs sont soupçonnés d’être membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou d’être des « sous-traitants » travaillant pour cette organisation à laquelle ils remettent des personnes enlevées en échange d’argent.

 Plus de 24 heures après, Aqmi n’a pas revendiqué les enlèvements, les premiers dans une région située au sud du grand nord désertique malien, près du pays dogon, zone touristique malienne, et du Burkina Faso.

 Le grand nord du Mali abrite des bases d’Aqmi d’où elle commet au Mali et dans d’autres pays du Sahel (Niger, Mauritanie et Algérie) des attentats, procède à des enlèvements d’Occidentaux et se livre à divers trafics.

 L’enlèvement de ces deux Français porte à six le nombre de ressortissants français retenus au Sahel, s’ajoutant aux quatre enlevés en septembre 2010 à Arlit (Niger), sur un site d’extraction d’uranium du groupe français Areva.

 Les derniers rapts ont eu lieu peu après un incident au cours duquel un ancien militaire français, impliqué dans les négociations pour la libération des quatre otages d’Aqmi enlevés à Arlit, a été blessé par balle à l’épaule dans le grand nord malien.

AFP

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