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Cimetière public musulman à Strasbourg: portée symbolique « très forte » 6 février, 2012

Posté par zenatanews dans : Actualités nationales , trackback

« Je suis là où je bâtis mon église et enterre mes morts ». Le maire de Strasbourg Roland Ries, fier de l’inauguration, lundi du premier cimetière musulman public de France grâce au financement de sa ville, n’a pas trouvé mieux que ce proverbe local pour illustrer la portée symbolique « très forte » de cette réalisation.

Si le proverbe évoque l’église, M. Ries entend l’élargir aux autres lieux de cultes, temples, synagogues, mosquées, eu égard à la vocation de la cité alsacienne qui a toujours privilégié le dialogue entre les différentes religions et veillé à une cohabitation harmonieuse de toutes les confessions.

Pour lui, « les funérailles, les rites funéraires, le lieu où on enterre ses morts », sont aussi importants que le lieu de culte pour les fidèles, catholiques, protestants, juifs ou musulmans, et « chaque religion a droit à un traitement égalitaire ».

Partant de cette logique, la création d’un cimetière pour les musulmans à Strasbourg s’impose comme une évidence, à l?instar de ceux qui existent pour les autres communautés.

Reconnaissance « pleine et entière » du culte musulman

« C’est d’abord la reconnaissance accordée au culte musulman, pleine et entière« , affirme le maire socialiste strasbourgeois, fervent défenseur du vivre ensemble au sein de sa Cité.

Celui dont on se souvient de son rôle dans la relance du projet de la Grande mosquée de Strasbourg, après avoir été bloqué par son prédécesseur de l’extrême droite, ou encore de sa position favorable aux minarets en pleine polémique sur fond du référendum suisse de 2009 interdisant leur construction dans les mosquées, avait inscrit le projet de création du cimetière musulman dès 2008, parmi les priorités de son mandat.

« C’est bien le rôle du maire de faciliter l’exercice des cultes et le respect mutuel« , souligne-t-il dans un entretien à la MAP.

En matière de cimetières, il explique que « dans le temps, il y avait des secteurs réservés pour les catholiques, les protestants et d’autres pour les juifs. Depuis, il n’y a plus cette distinction, mais elle reste dans les textes ».

Son étude de faisabilité juridique du projet se base, d?ailleurs, sur un article prévoyant que « dans les communes où on professe plusieurs cultes, chaque culte a un lieu d’inhumation particulier ».

M. Ries assure, en outre, que le Conseil Régional du Culte Musulman (CRCM) a été associé dés le départ à ce projet ainsi qu?un comité de pilotage mis en place regroupant les associations musulmanes intéressées, ce qui a conduit à la signature de la convention de gestion des espaces confessionnels musulmans, signée le 7 octobre 2009 par la Ville de Strasbourg et le CRCM.

Le plan général du cimetière se développe ainsi selon une orientation Sud-Sud-est en direction de la Mecque (Qibla) et permet d?accueillir à terme sur 1,25 ha d?emprise un millier de sépultures avec inhumations possibles sur 2 niveaux.

« Pour l’instant, cette surface devrait suffire, mais une extension est prévue le cas échéant« , indique le maire dont les services recensent une soixantaine de demandes d?inhumations émanant de familles musulmanes par an.

Il estime, en revanche, que la demande va sans doute augmenter avec l’ouverture du cimetière, de la part des « nombreuses familles qui rapatriaient jusqu’à présent leurs morts pour les enterrer dans leur terre d’origine, au Maroc, en Algérie ou ailleurs ».

« Si des facilités sont accordées comme c’est le cas ici, je pense que beaucoup souhaiteront que leur proches soient enterrés à Strasbourg« , dit-il.

Convaincu que la devise républicaine de la France « Liberté, Egalité, Fraternité » s’applique tout aussi bien à la religion, M. Ries explique sa démarche, d’un point de vue plus général, par un engagement pour ces valeurs.

« La Liberté pour chacun de vivre sa croyance et de choisir sa religion ou celle de ses parents », « l’Egalité des droits et de devoirs entre toutes les religions dans le sens où tout le monde a le même droit au respect de ses croyances et à l’exercice de son rite religieux ».

« Enfin, la Fraternité, c’est le vivre ensemble, comment on s’accepte les uns les autres dans nos différences en considérant ces différences comme des richesses et non pas comme des menaces« , souligne-t-il.

« Quelqu’un qui pense autrement que moi ne me menace pas dans mon identité, il peut m’apporter des éléments qui peuvent m’enrichir« , aime-t-il bien répéter, en réponse aux actes islamophobes, antisémites ou encore « cette folie », chez certains, « consistant à profaner des cimetières ».

Selon lui, les deux dernières années ont été particulièrement difficiles à Strasbourg eu égard au nombre de profanations de cimetières enregistrées, un phénomène qui concerne aussi bien les carrés musulmans dans les cimentières existants que les tombes juives et chrétiennes.

« On a eu des actions de la police qui ont conduit à des arrestations, on a même renforcé les dispositifs de sécurité dans certains cimetières exposés, et il me semble que la situation s’est apaisée sur Strasbourg« , dit-il.

Selon les chiffres de l’Observatoire national contre l’islamophobie en France, les actes et menaces anti-musulmans répertoriés sur le territoire français auraient augmenté en 2011 de 34% par rapport à l’année précédente.

MAP

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