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Détective privé : Une profession naissante en quête de reconnaissance 9 février, 2012

Posté par zenatanews dans : Actualités nationales , trackback

Hommes de l'ombre, les détectives privés marocains sont en quête de reconnaissance./DR

Hommes de l’ombre, les détectives privés marocains sont en quête de reconnaissance./DRAlors qu’ils sont considérés sous d’autres cieux comme des auxiliaires de justice, les détectives privés marocains, encore peu nombreux, sont confrontés à un vide juridique contre lequel ils comptent se mobiliser. Retour sur une profession discrète et fascinante.

Ils sont parmi nous depuis au moins une décennie. Pourtant, peu de gens ont connaissance de l’existence de ces hommes de l’ombre, discrets et efficaces. Eux, ce sont les détectives privés qui mènent en catimini des investigations pour le compte des entreprises et le plus souvent pour des particuliers.

Des investigations en catimini, non pas seulement parce que la fonction et le but recherché l’exigent mais surtout parce que ce métier n’est toujours pas reconnu au pays en tant que tel comme ailleurs en Europe et surtout aux États-Unis, le paradis des détectives privés.

Là-bas, le détective privé jouit d’un statut d’auxiliaire de justice et d’une position sociale qui lui confèrent la possibilité d’enquêter dans des affaires de la plus haute importance.

Dans certains pays africains comme le Burkina Faso, la profession est placée sous la tutelle du Ministère de la Sécurité Nationale et de l’Administration du Territoire.

Une profession non reconnue

Au Maroc, cette profession naissante n’est pas encore reconnue ni interdite. Mais cette absence de réglementation juridique n’a pas empêché pour autant certains téméraires férus de mystère de se lancer dans l’aventure comme c’est le cas du pionnier de l’investigation privée au Maroc, Abdessamad Taghi, qui a fondé en 2003 à Mohammedia une agence de recherches privées. Et pour contourner ce vide juridique, la société a été créée selon les procédures en vigueur pour les entreprises commerciales: un procédé et une parade qui lui ont permis de réaliser son rêve d’enfant de jouer les justiciers. Un rêve qui l’a conduit en Belgique pour suivre une formation dans une école spécialisée où il a décroché en 2001 un diplôme de détective privé.

D’emblée, sa carrure, son pas assuré et son regard acéré trahissent la fonction de ce quadragénaire grand amateur de polars qui tient d’entrée à souligner que la pratique de son métier n’est point en contradiction avec la loi. Il assure que toutes les missions d’investigation qu’il a pu accomplir depuis bientôt dix ans ont été menées dans le respect de la légalité et des institutions, sans dérive aucune, ni violation de la vie privée.

“Au contraire, certaines de mes investigations ont permis d’aider la police en démasquant les vrais coupables et aussi de resserrer les liens d’un couple rongé par le doute sur la fidélité de l’un ou de l’autre.” souligne Abdessamad Taghi, détective privé

Il tient cependant à faire remarquer que les détectives privés n’ont pas la prétention de s’ériger en une sorte de “police parallèle” puisqu’ils se contentent seulement d’effectuer des missions dans les domaines civil et commercial.

Amours et trahisons

Des missions qui sont aussi complexes que différentes par la nature des affaires. Pour le compte des entreprises qui recourent aux services de son agence, Abdessamad Taghi explique qu’il s’agit le plus souvent de faire des enquêtes sur les cas d’escroquerie, d’espionnage industriel et de concurrence déloyale. Et aussi de vérifier la véracité des CV de certains candidats à l’emploi ou encore faire des démarches pour le recouvrement des dettes ainsi que la détection des fraudes.

Sur le registre des investigations menées à la demande des particuliers, il s’agit en l’espèce d’enquêtes sollicitées dans les affaires de divorce ou d’adultère. Et à ce propos, il semble que la demande est pressante au vu du nombre de dossiers traités à l’instigation d’une épouse qui doute de la fidélité de son mari et vice versa.

Sans état d’âme, le détective déclare que la santé financière de son entreprise est en grande partie assurée grâce à ce genre d’affaires.

Les familles lui font appel aussi pour faire des recherches sur des parents disparus et surtout pour exercer en leur place un contrôle parental sur leurs enfants dans la période à risque de l’adolescence pour faire des rapports détaillés sur leurs fréquentations et leur passe-temps.

Un métier aux frontières de la légalité

Cela dit, les détectives marocains ne semblent pas se complaire dans cette situation de vide juridique qui fait planer sur eux le risque de l’exercice d’une profession non autorisée et du coup, restent dépourvus de toute protection juridique dans l’exercice de leurs activités. Ajouté à cela, cette situation sert plutôt, selon notre interlocuteur, les intérêts des imposteurs qui commettent des escroqueries en se présentant à leurs clients comme étant des détectives privés.

Conscients de l’importance d’une clarification du champ de leurs activités et désireux de promouvoir leur métier, les détectives privés marocains, qui se comptent encore sur les doigts d’une main, envisagent de créer un cadre associatif qui serait baptisé “Association Nationale des Agents de Recherche Privée au Maroc” (ANARPM). L’objectif étant de plaider pour un véritable statut défini par la loi comme toute autre profession libérale, fixant les conditions de son exercice et contrôlant sa pratique selon un code de déontologie.

MAP

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