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Education nationale : Les syndicats attaquent Louafa 4 août, 2012

Posté par zenatanews dans : Actualités nationales , trackback
Education nationale Les syndicats attaquent Louafa

Piloté par les académies, le programme de construction d’écoles enregistre des retards de réalisation record

La politique de l’autruche règne en maître mot dans le département de l’Education nationale. Au moment où tous les acteurs parlent d’échec cuisant du plan d’urgence, certains responsables continuent à se voiler la face.

«Nous ne pouvons parler d’un échec du plan d’urgence. Il faut attendre la fin de l’année pour avoir une visibilité», explique Mohamed Louafa, ministre de l’Education nationale. Pourtant, à défaut d’une véritable analyse globale des réalisations, les chiffres sont alarmants. Face à un budget de plus 33 milliards de DH, les taux de réalisation n’excèdent pas parfois les 17%. D’autant plus que le bilan du plan d’urgence tourne à l’acharnement politique. Les alliés de l’ancien ministre de tutelle Ahmed Akhchichine (PAM) essaient de faire porter le chapeau à l’actuel gouvernement. Pourtant, le plan s’étale sur la période de 2009/2012. A qui incombe la responsabilité de l’échec de ce programme qui devrait sauver le système éducatif marocain?

En fait, le programme n’a encore épuisé que 45% des 33,39 milliards de DH impartis au projet. L’essentiel des 55% du budget sont encore dans les caisses de l’Etat. Pourquoi ces fonds n’ont jamais été débloqués: lourdeurs administratives ou mauvaise gestion financière? «Le plan d’urgence a été entaché par plusieurs dysfonctionnements dans la gestion financière», s’insurge Said Mendares, vice-secrétaire général de la fédération de l’enseignement, affiliée à l’UNTM.

Cette situation a conduit à une véritable crise et un malaise du côté du corps enseignant. «Depuis l’arrivée du nouveau ministre, plusieurs projets ont été arrêtés comme les programmes formation sans aucune  explication», regrette Mendares. Le syndicaliste attribue cette situation à l’absence de contrôle.

«Le Conseil supérieur de l’enseignement (CSE) qui devrait assurer le suivi et le contrôle du plan d’urgence a arrêté ses travaux depuis la mort de Meziane Belfkih», explique Mendares. Une première lecture du bilan du programme révèle plein de surprises! En effet, «un retard a été constaté dans l’opération de construction d’infrastructures à cause de l’échec de l’appel d’offres international. Par conséquent, le budget des 10 milliards de DH a été directement affecté aux académies en novembre 2011».

Une opération qui paraît assez ambiguë et qui est à l’origine de résultats médiocres puisque les académies ne sont pas suffisamment outillées pour le suivi de ce genre de marchés. Pour preuve, les écarts de réalisation en matière de construction d’infrastructures éducatives sont conséquents. Dans le détail, sur les 373 écoles primaires programmées uniquement 99 ont vu le jour, soit un taux de réalisation de 26%, un an avant la fin du projet. Seuls 109 collèges ont été construits sur un objectif de 529. Les lycées ne sont pas mieux lotis puisque leur taux de réalisation est d’à peine 30%. Les retards les plus importants sont du côté des internats. Sur les 350 structures visées, seules 67 sont sorties de terre. La mise à niveau des établissements publics affiche un léger mieux avec des taux de réalisation de 56% pour les établissements d’enseignement et 55% pour les internats. D’autres statistiques affichent de bien meilleures performances qui doivent être nuancées.

L’acquisition du matériel pédagogique enregistre un taux de réalisation de 92% essentiellement au profit d’écoles primaires. Cependant, plusieurs faits, pour le moins surprenants sont enregistrés dans divers établissements. Si l’école dispose de matériel informatique flambant neuf, parfois elle ne dispose pas de verrous aux portes pour la sécurité. Certains programmes introduits dans le plan d’urgence sont perçus comme une aberration par le corps enseignant qui se dit écarté de la concertation. A titre d’exemple, 96% des enseignants (sur un échantillon de 14.000 personnes) réclament une réforme de la pédagogie de l’intégration. Plus grave encore, «aujourd’hui, les instituteurs n’ont aucune visibilité ni sur les programmes ni les manuels», regrette Mendares.

Financement

Sur les 33,39 milliards de DH, 5,5 milliards ont été financés par des bailleurs de fonds étrangers, soit l’équivalent de 16%. Il s’agit essentiellement de l’Agence française de développement (AFD). Au total, 4,3 milliards de DH ont été octroyés sous forme de prêt et 1,2 milliard de DH en dons. Pour l’heure, plus de 18 milliards de DH n’ont pas été débloqués. Une grande partie de ce financement se trouve dans les caisses des académies afin de construire de nouvelles écoles.

Ilham BOUMNADE – leconomiste

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