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Télé ramadanesque: la qualité à nouveau remise en question 11 août, 2012

Posté par zenatanews dans : Actualités nationales , trackback
Image de promotion d’un programme télévisé de la chaîne 2M | Archives

Image de promotion d'un programme télévisé de la chaîne 2M

A l’occasion de chaque ramadan, le débat sur la qualité des productions des chaînes de télévisions nationales revient sur le devant de la scène suscitant l’intérêt des téléspectateurs marocains.

Sur les colonnes des journaux, dans la rue, au sein des familles ou sur le plan institutionnel, la question est d’actualité: La qualité et le degré de professionnalisme mis au service de la production nationale ne font pas l’unanimité des Marocains qui aspirent à retrouver une image reflétant leur environnement dans les productions dont ils contribuent au financement et qu’ils voudraient comme un moment de détente et d’évasion non dénués d’intérêt pédagogique et de promotion artistique.

Même si beaucoup d’opinions émises à ce sujet relèvent plutôt d’impressions superficielles et teintées de préjugés et idées reçues, la plupart des observateurs admettent que les productions nationales n’ont pas encore gagné le pari de la qualité, ce qui oblige les téléspectateurs marocains à chercher leur bonheur sur d’autres chaînes arabes et étrangères.

Contacté par la MAP, le grand comédien marocain Mohamed El Jem, affirme que la problématique de la qualité reste présente dans l’offre de fiction télévisée nationale, tout en notant une amélioration constatée par rapport aux productions de l’année dernière, qui avaient, selon lui, suscité des critiques beaucoup plus acerbes de la part du public et des observateurs.

El Jem, présent ce ramadan dans le casting de la série Ma Chaf Ma Ra, relève que les dysfonctionnements du processus de la production au Maroc influent négativement sur l’ensemble des aspects techniques et professionnels du métier.

A titre d’exemple, je continue à ce jour à tourner les épisodes restants de la série, souligne-t-il, appelant à régler ce problème de production auprès de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT).

Tout en reconnaissant qu’une partie importante des téléspectateurs marocains privilégie les productions étrangères, l’artiste note que les séries et fictions au cachet local restent très demandées par un public qui mérite d’être récompensé pour sa fidélité, en lui offrant un travail de qualité.

Pour la réalisatrice Bouchra Ijourk, il n’y a pas de secrets. Pour avoir une production artistique à succès, il faut une équipe technique et artistique professionnelle dans laquelle seule la qualité est de mise, loin de tout clientélisme et improvisation.

Un bon scénario, des acteurs de talent et une réalisation professionnelle sont les ingrédients indispensables d’un produit artistique de haut niveau, des conditions malheureusement trop peu réunies dans les séries et sketchs télévisés au Maroc, ajoute-t-elle, soulignant que le public marocain, connaisseur à force de zapping, veut une production nationale qui respecte son intelligence et puisse rivaliser avec l’offre télévisée étrangère.

La production nationale doit réconcilier le spectateur marocain avec son histoire et sa langue et promouvoir son identité et ses valeurs, a estimé Ijourk, appelant les producteurs à collaborer avec les acteurs professionnels et les cadres techniques qualifiés pour fermer la porte aux intrus qui n’ont rien avoir avec l’art.

Concernant sa contribution à la production ramadanesque de cette année, Bouchra Ijourk, qui a supervisé la cellule d’écriture de la série Domouâ Arrijal, diffusée sur 2M et dans laquelle elle joue également un rôle, a mis en exergue l’écho favorable que recueille cette série auprès du public grâce à son script qui raconte une histoire proche des préoccupations du citoyen.

De son côté, le critique Ahmed Sijelmassi soutient que les acteurs marocains se sont illustrés cette année, le développement quantitatif des productions marocaines ayant eu un impact positif sur l’aspect qualitatif, grâce aux nombreux jeunes acteurs et actrices qui ont pu ainsi aiguiser leur talent.

Selon lui, les failles sont à chercher du côté des textes, scénarios et dialogues, généralement faibles et mal repris sur l’écran, ajoutant que la programmation de cette année n’a pas apporté de nouveau par rapport aux années précédentes à part une ouverture marquée sur les artistes d’autres pays maghrébins et arabes.

Par ailleurs, il a mis en exergue l’originalité de la série consacrée à l’artiste regretté Mohamed El Hayani, qui constitue en elle-même, une première en son genre sur les chaînes nationales, appelant à revoir la politique de production télévisée pour soutenir l’amélioration constatée sur les chaînes nationales. A cet égard, le ministre de la Communication, M. Mustapha El Khalfi, avait affirmé, récemment devant le parlement, la volonté de son département de consacrer la bonne gouvernance dans la relation avec les maisons de production, et annoncé un programme de formation aux métiers de la télévision et du cinéma, notamment au niveau du scénario.

Il a aussi fait part de l’intention de son département de préparer un peu plus tôt, la programmation ramadanesque de l’année prochaine, pour pouvoir juger réellement de l’efficacité ou non des mesures entreprises pour réconcilier les marocains avec leur petit écran.

Nizar Lefraoui / MAP

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