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Chapeau bas à toute l’équipe d’une série marocaine pas comme les autres : Le talent marocain est là, la preuve par «Bnat Lalla Mennana»

Chapeau bas à toute l’équipe d’une série marocaine pas comme les autres : Le talent marocain est là, la preuve par «Bnat Lalla Mennana»
 Il fallait sûrement une actrice de la trempe de Saadia Azgoune pour donner toute sa dimension au rôle de « Lalla Mennana ». Une mère austère  qui exerce une tyrannie démesurée sur ses quatre filles, dont les rôles sont incarnés avec panache par des actrices hors pair: Nadia Alami, Nora Skalli, Saadia Ladib et Samia Akariou.  D’autres acteurs, parmi les plus en vue, ont également participé à cette série, en particulier Driss Roukhe avec sa physionomie débonnaire et son sourire espiègle. En plus de Naima Elmcharki, Yassine Ahjam, Hind Saadidi, ou l’étonnant Adil Abou Tourab, et bien d’autres tout aussi convaincants.
La tyrannie d’une mère. Telle est la toile de fond de cette fameuse série télé, qui est, en fait, une adaptation de la célèbre pièce de Fédérico Garcia Lorca «La Casa de Bernarda Alba », avec une empreinte, voire un cachet,   typiquement marocains en ce qui concerne l’histoire et le dialogue.  Le thème essentiel reste cependant la quête d’amour. Dans l’acception la plus large de ce terme. Et cette quête devient presque l’unique motivation des principaux personnages de ladite série.
Cette série, qui a été mise en scène par Yassine Fennane, se veut universelle. Elle tourne autour de l’affrontement inévitable entre  une tendance conservatrice et une aspiration à la modernité. De toute évidence, un grand soin a été apporté au dialogue et au scénario.  Ceux qui ont eu l’occasion de lire l’œuvre originale remarqueront sans doute que les filles de la veuve sont plutôt au nombre de cinq. Alors qu’elles ne sont que quatre dans la version marocaine.  L’actrice Nora Skalli, qui a également signé le dialogue, ne manque pas de le souligner : « Si Garcia Lorca avait vu cette série, il ne se serait peut-être pas rendu compte qu’il s’agit en fait d’une adaptation de  sa célèbre pièce.»   
Le succès retentissant rencontré par «Bnat Lalla Mennana» réside sans doute dans le dialogue riche et animé de Nora Skalli, la mise en scène brillante de Yassine Fennane et le jeu subtil des comédiens. Sans oublier la beauté des costumes et le lieu de tournage, en l’occurrence la belle ville de Chefchaouen, juchée sur la montagne.
Mais ce succès n’a apparemment pas eu les échos attendus au niveau de la presse nationale.  Samia Akariou, l’une des principales actrices de la série, n’a pas manqué de le souligner : «Beaucoup de gens disent du bien de cette série, mais ce qui me chagrine c’est qu’aucun journaliste, à ma connaissance, ne s’est donné la peine de relater cet état de fait dans la presse nationale». Elle précise également : «Je ne tiens pas à ce que l’on soit encensé par les journalistes. Je ne prétends pas non plus que cette série ait atteint la perfection. Mais il se trouve que beaucoup de téléspectateurs l’ont appréciée et l’ont suivie avec intérêt».
Effectivement, la série a été  régulièrement suivie par un très large public, chiffres à l’appui.  Selon les responsables de 2M, «Bnat Lalla Mennana »  a pu réaliser, durant les dix premiers jours du mois du Ramadan, un taux d’audience allant jusqu’à 54%, soit environ 5.178.000 téléspectateurs.
Quatre années ont été nécessaires pour produire cette série. Mais ce n’est pas peine perdue. Puisqu’elle vient à point nommé pour nous faire oublier la médiocrité étouffante de la plupart des séries qui nous ont été proposées ou plutôt imposées, durant le mois sacré. Ces séries censées nous faire rire mais qui au vu de leur manque affligeant d’innovation et d’élan créatif, sont en fait d’une platitude écœurante.

MEHDI OUASSAT

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