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Former 15 000 ingénieurs par an d’ici 2015, est-ce réalisable ?

Le défi de former 10 000 ingénieurs en 2010 a été relevé, mais ce nombre reste faible, c’est l’équivalent de 8.6 pour 10 000 habitants. L’objectif actuel est de former 15 000 par an d’ici à 2015, et 25 000 à 2020.

ecole ingénieurs maroc

Les grandes écoles d’ingénieurs attirent de plus en plus de bacheliers issus des branches scientifiques. Pas uniquement les grandes écoles classiques, comme l’Ecole Mohammadia des ingénieurs (EMI), l’Institut national des postes et télécommunications (l’INPT), l’Ecole national des industries minières (l’ENIM) de Rabat ou encore l’Ecole Hassania des travaux publics (l’EHTP) de Casablanca, auxquelles on accède par voie de concours national après deux ans de classes prépas, mais également de plus en plus d’étudiants intègrent cette nouvelle génération d’écoles d’ingénieurs, genre Ecole nationale des sciences appliquées (ENSA), Facultés des sciences et techniques (FST), et Ecoles nationales supérieures des arts et métiers (ENSAM) créées un peu partout au Maroc.

En tout, et conformément à la décision prise par le gouvernement en 2006 de former chaque année 10 000 ingénieurs à l’horizon 2010, le défi a été gagné : 10 300 ingénieurs ont été formés au Maroc en 2010 (sans parler de quelque 300 formés à l’étranger), dont 4 000 diplômés des écoles d’ingénieurs publiques. Le secteur privé avait contribué à hauteur de 2 000 ingénieurs, soit 20% du total. Le reste, c’est-à-dire 4 300, était composé d’ingénieurs assimilés.

Pour arriver à ce résultat, il fallait d’abord disposer de la matière première : avoir plus de bacheliers en maths et autres matières scientifiques. Cela a été fait, dans la foulée du plan d’urgence de l’éducation nationale : les candidats des branches scientifiques et techniques ont dépassé de loin, en 2011, ceux des branches littéraires, soit 217 183 pour les premiers contre 164 997 pour les seconds. C’est en soi un progrès qui va dans le sens des prévisions du plan d’urgence, et dans le sens aussi de la charte d’éducation et de formation qui avait fixé, aux années 2000, un taux de 2/3 des élèves devant suivre des branches scientifiques et techniques. Mais, par ailleurs, les formateurs et les spécialistes de l’éducation craignent que la quantité se fasse détriment de la qualité.

Des filières d’ingénierie nouvelle génération

Toujours est-il, pour arriver à ce résultat (former 10 000 ingénieurs), le réseau d’écoles marocaines d’ingénieurs s’est déployé dans deux directions : en interne, augmenter les effectifs de leurs étudiants, mais en même temps, en matière de formation, développer de nouvelles filières. L’EMI, à titre d’exemple, avait en 2011, en termes de volume, développé ses capacités d’accueil : de 200 on est passé à 480. Même chose pour l’INPT qui a doublé ses effectifs, de 100 à 200, et l’EHTP de Casablanca qui a atteint 300 étudiants au lieu de 200 la même année. Sur le plan qualitatif, ces écoles d’ingénieurs, en plus des formations classiques qui restent encore très prisées (comme le génie civil, le génie industriel, le système des télécommunications, le génie mécanique et l’informatique), ont développé de nouvelles filières pour répondre aux besoins nouveaux de l’économie et de l’industrie marocaines.

En effet, principal exportateur industriel de la rive sud de la Méditerranée vers l’Union Européenne en 2011 (grâce aux diverses entreprises européennes qui se sont installées au Maroc), le gouvernement s’est engagé en effet dans de nombreuses réformes stratégiques pour accroître la compétitivité du secteur industriel. Obligatoirement, on se devait de développer des formations en ingénieries nouvelles et innovantes pour accompagner les plans lancés dans les domaines  industriel (mécanique, automobile, aéronautique, textile,…), logistique, énergétique, des TIC, des infrastructures, etc.

Aujourd’hui, remarque Driss Bouami, directeur de l’EMI, «toute l’économie marocaine est en effervescence. Plusieurs initiatives et plans de développement sectoriels ambitieux sont en cours de réalisation : INDH, Emergence, Envol, Maroc Vert, Halieutis, Azur, Maroc numérique, Villes sans bidonvilles, Compétitivité logistique, Vision 2015 de l’artisanat, Plan énergétique… Tous ces plans ont besoin pour leur réalisation et leur continuité un nombre important de ressources qualifiées dont les ingénieurs qui y jouent un rôle central». Normal donc que ces écoles d’ingénieurs doublent d’efforts, en s’ouvrant sur ces nouvelles formations d’ingénierie, en sus de l’accroissement de leurs effectifs.

Mais les infrastructures d’accueil et les ressources humaines ne suivent pas. Pour pallier l’insuffisance de ces dernières, des accords ont été signés par les écoles d’ingénieurs marocaines et quelques instituts étrangers pour la formation de formateurs à même de répondre aux besoins de cette effervescence que connaît l’économie marocaine (voir encadré). Cela dit, les 10 000 ingénieurs que forme le Maroc aujourd’hui restent en deçà des besoins, avec un ratio de 8,6 ingénieurs pour 10 000 habitants. Il est au moins 10 fois supérieur dans les pays industrialisés : 64 pour 10 000 habitants en France,  540 au Japon.

Maintenant, l’objectif du gouvernement marocain est de former plus de 15 000 ingénieurs (ou équivalent) par an d’ici à 2015, et au moins 25 000 à 2020. Ce nouveau défi est difficile, mais pas impossible. Porter la «production» du Maroc en termes d’ingénieurs et assimilés à 15 000 est réalisable, estime M. Bouami, «mais il convient pour cela d’augmenter la capacité d’accueil des établissements qui ne sont pas encore arrivés à saturation en leur accordant les moyens financiers, humains et d’infrastructures pour leur permettre d’augmenter leurs effectifs sans pour autant porter atteinte à la qualité de la formation qui doit demeurer la principale préoccupatio. Il faudra aussi créer de nouvelles écoles d’ingénieurs», conclut-il (voir entretien).

La Vie éco

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