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Le Sahel, un nouvel Afghanistan ?

L’examen des menaces sur la sécurité dans le Maghreb et leur évaluation sont au menu des discussions, à Alger, des ministres des Affaires étrangères de l’UMA.

# Pour qu’Alger accepte enfin la présence du Maroc à une réunion portant sur la sécurité, c’est qu’il y a péril en la région.

Décidé à l’initiative du gouvernement algérien et conformément à la décision du Conseil des ministres des Affaires étrangères, tenu à Rabat le 18 février dernier, les ministres des Affaires étrangères de l’Union du Maghreb arabe (UMA) se sont réunis à Alger, pour évoquer la problématique sécuritaire dans la région examiner les menaces sur la sécurité dans le Maghreb, leur évaluation et la définition des grands axes de coopération dans ce domaine.
Pour le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, «l’Algérie a pris l’initiative d’appeler à la tenue de cette réunion, qui est la première du genre au niveau maghrébin, pour traiter des questions de sécurité».

Pour qu’Alger accepte enfin la présence du Maroc à une réunion portant sur la sécurité, c’est qu’il y a péril en la région.
Ce péril, c’est la très grave crise du Mali et ses conséquences sur toute la région sahélo-saharienne sur fond de théorie des dominos.
Car le Mali, jadis pays respecté et envié par tant d’autres sur le continent pour son exercice du jeu démocratique, s’est embrasé.
Le plus vaste pays d’Afrique de l‘Ouest est, certes, enclavé, mais il possède des frontières communes avec la Mauritanie, l’Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Sénégal.

Au début était la somalisation de la Libye…

Et la crise au Mali, scindé en deux, sans président ni réel gouvernement, risque de faire tache d’huile dans une région où tous les pays s’affirment attachés au «respect du sacro-saint principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation». C’est Alpha Condé, le président de Guinée qui résumait le mieux la situation en déclarant à un confrère : «La crise malienne dépasse le champ géographique de la Cédéao. Elle touche aussi la Mauritanie, l’Algérie et le Tchad. Si le Sahara devient, sous les coups des islamistes, un nouvel Afghanistan, c’est tout le continent qui sera déstabilisé. Nous, les pays africains, avions prévenu les grandes puissances réunies à Deauville, au G8 en mai 2011, que leur intervention en Libye aurait deux conséquences : la “somalisation” de la Libye et la prolifération des armes dans le Sahel. Nous en sommes là, aujourd’hui.»

Le constat que l’on peut faire de la région ne prête guère à l’optimisme : des millions de personnes sont menacées par la famine, dont 5 millions au Niger et plus de 3 millions au Mali, des milliers de réfugiés au Niger, qui risque de connaître le même scénario que le Mali, des pays déstabilisés comme le Nigeria et la Côte d’Ivoire qui connaissent des tensions internes, la Guinée fragilisée, le Burkina Faso faisant face à une contestation inquiétante de l’armée, une Mauritanie prise comme cible par l’Aqmi. Une situation qui fait dire à un spécialiste de la région, Jean-Michel Severino, ancien directeur général de l’Agence française de développement, qui n’y va pas par quatre chemins : «À la question : est-ce que le Sahel peut devenir un nouvel Afghanistan, je réponds : ce sera pire que l’Afghanistan.» Un Afghanistan aux portes de l’Algérie qui compte ses propres Touareg, qui rêvent de créer leur propre État touareg, comme cela était inscrit dans le vieux projet français de l’OCRS, ce qui explique aujourd’hui les résurgences séparatistes.

Une Algérie qui reste extrêmement vigilante sur ce dossier, refusant l’intervention ou l’intrusion des puissances étrangères. Vigilance, mais aussi prudence, car cette crise à des ramifications avec Aqmi et des groupes pilotés par des Algériens en rupture de ban et lourdement armés. La chute de Khaddafi a en effet ouvert la boîte de Pandore avec une prolifération d’armes sophistiquées ou d’armes légères comme les grenades ou les kalachnikov, les explosifs, les lance-roquettes, les batteries antiaériennes et les missiles sol-air aux mains de centaines de milliers de Touaregs qui étaient réfugiés en Libye et qui à la faveur du chaos et du vide laissé par Khaddafi sont rentrés chez eux au Mali, au Niger ou circulent dans cette vaste zone crise, dans cette immense mer de sable, qu’aucun pays de la région ne contrôle.

Le Maghreb entre passé et futur

La lourde problématique sécuritaire dans la région, l’examen des menaces à la sécurité dans le Maghreb et son évaluation qui sont au menu des discussions des ministres des Affaires étrangères de l’UMA permettront-ils l’examen d’autres dossiers comme celui de la relance de l’UMA ? On pourra même se demander s’il n’est pas trop tard et que faute d’un Maghreb uni et prospère, la région risque elle aussi d’être touchée. Le message envoyé lors de l‘hommage posthume organisé au théâtre Mohammed V à Rabat à feu le président Ben Bella prend tout son sens. Alors que l’Algérie fête le 50e anniversaire de son Indépendance, la gauche marocaine a voulu montrer que le peuple marocain avait activement participé à cette indépendance, comme en témoigne le combat contre le colonialisme et l’unité des pays du Maghreb dans ce combat. C’est Fathallah Oualalou, premier secrétaire adjoint de l’USFP qui a animé cette manifestation avec beaucoup d’émotion et qui a rappelé que «Les Marocains considéraient la cause algérienne comme la leur et s’y étaient investis à fond», avant d’inviter Aberrahmane Youssoufi qui avait assuré la défense de nombre de combattants algériens, dont Ben Bella a qui le liait une amitié particulière, a faire part de ses souvenirs.

Aberrahmane Youssoufi est remonté à la genèse du combat pour l’indépendance depuis les années 1945, jusqu’à l’indépendance en 1962, la participation du Maroc, dont les frontières sont restées ouvertes au transit des combattants et des armes. Un témoignage corroboré par Said Abadou, secrétaire général de l’Organisation nationale des moujahidines, qui a dit, au nom du peuple algérien, toute sa reconnaissance au combat de Ben Bella et à la solidarité du peuple frère : «Les générations à venir gagneraient à mieux le connaître et à ne pas oublier le soutien indéfectible à la cause de la résistance algérienne face à la colonisation.» Tous ces témoignages et l’évocation des combattants auront marqué l’assistance venue très nombreuse, un peu comme pour rappeler que le Maghreb reste vivant au fond des cœurs de tous les Maghrébins. Il reste à savoir comment faire revivre ce passé pour le bien des peuples de la région et pour l’avenir de cette région… avant que celle-ci ne se transforme en Kurdistan ou en Afghanistan, aux mains des puissances étrangères.

Publié le : 9 Juillet 2012 – Farida Moha, LE MATIN

Commentaires»

  1. les talibans vont réussir des vrais moudjahidines par contre Aqmi alqaida bokoharam des moujahidines de satan pire que les diables ces criminels tue les enfants pour satisfaire satan vont tous mourir par balles de l’armée et des incendies en Algérie qui vivra verra

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Répondre à mehdi assem Annuler la réponse.

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