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Maroc/France : Après l’économie, place au sécuritaire

 

Maroc/France Après l’économie, place au sécuritaire

Sur la coopération, Manuel Valls, ministre français de l’Intérieur, entend «mieux progresser sur les questions de mobilité des personnes, que ce soit au niveau bilatéral ou dans le cadre de l’espace Schengen, dans le sens de la réduction des documents exigés et de l’élargissement des personnes bénéficiant du visa»

Jeter les bases d’une nouvelle phase de coopération. C’est l’approche que semble adopter le nouveau gouvernement français dans ses relations avec le Maroc. Après le volet économique avec Nicole Bricq, place aux questions politiques et sécuritaires avec Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, en visite à Rabat depuis mercredi dernier.
 
«C’est une manière de confirmer les liens de coopération basés sur l’amitié et la continuité», a souligné le ministre français, lors d’une conférence de presse, à l’issue de sa rencontre avec son homologue Mohand Laensar, jeudi dernier à Rabat. En effet, plusieurs rencontres étaient au menu, notamment avec Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, et des membres de son équipe. Valls devait également être reçu par le Souverain. Les discussions avec les ministres marocains permettraient de mettre les points sur les «i» concernant des dossiers qui intéressent le Maroc. En effet, l’échange des points de vue devra favoriser la clarification de la position de chacune des deux parties.
 
«Nous cherchons à aboutir à des relations apaisées sur des questions qui nous concernent, comme celle de l’Islam en France», a avancé le ministre français. D’ailleurs, Ahmed Taoufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, était le premier responsable marocain à recevoir Valls, également en charge des Cultes. Le département de Taoufiq est l’un des principaux pourvoyeurs en imams pour assurer l’encadrement religieux de la communauté marocaine à l’étranger.
Le Maroc veille à la préservation de ses citoyens, même résidant dans d’autres pays, contre la propagation de courants religieux incompatibles avec la doctrine officielle. En France, cette situation s’est davantage compliquée à cause de la bataille que se livrent les imams marocains et algériens au sein de certaines associations religieuses. C’est dans ce contexte que Manuel Valls a ouvertement pris position sur ce sujet. Récemment, il avait déclaré qu’il «voulait un islam de France, indépendant des tutelles étrangères». Le ministre français a également profité de son périple marocain pour aborder des sujets d’intérêt commun comme la coopération sécuritaire ou la lutte anti-drogue.
Avec Laensar et son ministre délégué Charki Draiss, il était question de coopération à deux dimensions. D’un côté, l’échange d’expérience en matière de gouvernance de l’administration territoriale et de décentralisation. De l’autre, «les problématiques de sécurité, de criminalité et de trafics de drogue. Le partenariat visera des domaines comme la formation et l’échange de missions réciproques», a fait savoir Laensar. En effet, «il s’agit de dossiers d’intérêt commun. Leur traitement devra se baser sur des atouts comme la sincérité des deux parties et la volonté du dialogue et de réussite», selon Valls.
 
La situation d’insécurité dans la région du Sahel et sa transformation en plateforme de trafics d’armes constitue une des principales sources de préoccupation pour les pays riverains, dont le Maroc, mais aussi pour ceux du continent européen. A cela s’ajoute la problématique du trafic de drogue ou encore celle de l’immigration clandestine, qui constituent des enjeux pour les Etats européens, notamment la France.
 
Le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait entamé des négociations avec le Maroc pour établir une feuille de route pour une gestion commune de la question migratoire. Saâdeddine El Otmani a fait savoir mardi dernier que «le Maroc n’était pas le gendarme de l’Europe en matière de circulation des personnes». Son collègue à l’Intérieur, Mohand Laensar, a estimé que «cela doit être placé dans le cadre de la coopération à travers laquelle le Maroc continuera à faire le travail fructueux qu’il a réalisé jusque-là. Pour le ministre français, «les relations doivent être d’égal à égal, dans la mesure où nous sommes face aux mêmes défis». En effet, le Maroc est doublement interpellé car, non seulement il est de plus en plus une terre d’accueil des immigrés, mais aussi une grande partie des migrants en Europe et en France est d’origine marocaine. Sur ce point, Valls avait déclaré qu’il «entend mettre en place une politique à la fois ferme et équilibrée».
 
Il s’agit de procéder à quelques assouplissements, mais sans verser dans des régularisations massives. Une circulaire sera mise en place pour définir les critères de régularisation, parallèlement à une autre visant la facilitation de la naturalisation. «Ces questions seront discutées lors du Conseil des ministres à la rentrée en septembre», a annoncé Valls.

M. A. M. – l’économiste

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