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Quand la politique s’empare des «affaires»

Les primes des finances pour attaquer le patron du RNI
Le MP est également malmené
Khalid Alioua pour fragiliser l’USFP
Quand la politique s’empare des «affaires»

Salaheddine Mezouar, président du RNI, est dans le collimateur du PJD

KHALID Alioua, Abdelhanine Benallou, Taoufik Ibrahimi,… les affaires liées à la gestion de la chose publique et déférées devant la justice se multiplient. D’autres devront suivre dans les semaines à venir. C’est dire que la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) de Casablanca est très sollicitée.
 
En plus, le parquet général, qui relève du ministère de la Justice et des Libertés de Mustapha Ramid, a ouvert une enquête au sujet de l’octroi de primes entre l’ancien ministre des Finances et le Trésorier général du Royaume. Les personnes ciblées sont Salaheddine Mezouar et Noureddine Bensouda. Pourtant, tout le monde sait que les primes sont servies à tous les fonctionnaires de ce département, sans exception. Ceux-ci  considèrent ces indemnités comme partie intégrale de leurs revenus, auxquels ils ne sont pas prêts d’y renoncer, quitte à engager un bras de fer avec les politiques s’ils s’avisaient à les supprimer.
 
Les deux ministres de tutelle le savent pour avoir été des directeurs adjoints dans ce département et qui avaient également bénéficié de ces primes semestrielles. Au moment de la discussion sur la loi de Finances en avril dernier, et sous la pression du député du PJD Abdelaziz Aftati, Nizar Baraka et Driss El Azami avaient pris l’engagement de renoncer aux primes. Mais leurs prédécesseurs, à l’exception de Fathallah Oualalou, s’étaient servis tellement ils considéraient que c’était un droit acquis et une pratique courante depuis le Protectorat. Dans cette affaire, des députés du PJD considèrent que «si les primes sont réglementaires, sur le plan moral, un politique ne devrait pas les prendre». Certains d’entre eux sont allés jusqu’à réclamer que l’ancien ministre des Finances rende les sommes encaissées, comme si c’était illégal. 
Aujourd’hui, une question se pose: a-t-on monté de toutes pièces cette affaire pour réformer le système des primes? C’est peu probable, même si le ministère de tutelle et les syndicats s’étaient mis d’accord pour remettre à plat tout le système et en élaborer un autre. Mais une chose est sûre; en demandant de diligenter une enquête, on cherche à donner à cette affaire une tournure judiciaire et à mettre la pression sur Salaheddine Mezouar. Dans cette opération, on s’attaque à un leader politique, président du RNI, parti arrivé en 3e position lors des élections législatives du 25 novembre dernier. Alors vise-t-on celui qui avait, dès l’annonce des résultats des élections, choisi l’opposition et embarqué son parti avec? En procédant ainsi, le PJD cherche-t-il à l’affaiblir et donner du grain à moudre à ses adversaires dans le RNI pour réclamer sa démission? Pour l’heure, cette tactique ne semble pas prendre puisque le bureau politique est derrière lui.
 
En parallèle, une autre enquête, menée par la Brigade nationale de police judiciaire, cherche à identifier les sources des fuites des documents au sein du ministère des Finances. Une manière de terroriser les fonctionnaires, sapant ainsi le droit constitutionnel d’accès à l’information.
 
Cependant, la diligence des services de Ramid à enclencher la procédure contre Mezouar est critiquée. Ses adversaires leur reprochent de faire  «deux poids deux mesures». Pour convaincre, ils citent la demande officielle que son collègue au gouvernement, Mohand Laenser, lui avait adressée pour ouvrir une enquête sur les déclarations de Abdelaziz Aftati. Le député du PJD d’Oujda avait mis en garde «les fameux services» de continuer à collaborer avec l’ancien ministre des Finances Salaheddine Mezouar. Mustapha Ramid ne semble pas avoir donné suite à ce dossier qui engage son camarade du PJD. A noter que dans les rangs du parti, Abdelaziz Aftati n’a pas le vent en poupe puisqu’il a perdu son siège au Secrétariat général lors du dernier congrès. Le patron du MP n’est pas au premier coup qu’il reçoit de son allié au gouvernement, le PJD. Certains députés du parti de Abdelilah Benkirane ont accusé Ahmed Moussaoui, wali de la région de Meknès, de faire des rapports contre eux. Il se trouve que ce même Moussaoui, un ancien ministre, est membre du bureau politique du Mouvement populaire, le parti de Mohand Laenser. Ils reviennent régulièrement à la charge pour mettre en doute la gestion des gouverneurs et des walis qui relèvent du ministre de l’Intérieur.
 
Après le RNI, un autre parti de l’opposition est également dans une position inconfortable. Ainsi, l’USFP a été éclaboussée par l’incarcération de Khalid Alioua, ancien ministre et porte-parole du gouvernement d’alternance. Même s’il s’en défend, cette affaire fragilise le parti. Ses effets dévastateurs sur son image ne sont pas encore mesurés. Certains anciens camarades de Alioua sont montés au créneau pour critiquer «l’approche sélective» dans le traitement des affaires pointées par la Cour des comptes.
Selon eux, c’est le gouvernement de Benkirane qui en est à l’origine, alors que l’affaire a été enclenchée avant son arrivée. En plus, Driss Lachgar, membre du bureau politique de l’USFP et ancien ministre, fait désormais partie du groupe des avocats de Khalid Alioua. En tout cas, le malaise de l’USFP est incontestable. Depuis des lustres, il dénonce le «fassad», et voilà qu’un de ses anciens dirigeants est soupçonné par la justice de s’être affranchi des règles de bonne gouvernance lorsqu’il dirigeait le CIH.
 
Idem pour Abdelhanin Benallou, ancien membre du Conseil national de l’USFP, actuellement incarcéré à la prison de Oukacha, de Casablanca. Les deux ont eu une chose en commun: s’être éloigné du parti et de la politique, après leur nomination à la tête de ces établissements publics. Ils doivent s’en mordre les doigts.

Mohamed CHAOUI – l’économiste

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