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Réponse à l’article : « Controverse autour du sort de constructions datant du protectorat français à Kénitra »

Kenitra : Polémique autour du sort de la « Goute de lait »

 La M.A.P. a publié dernièrement (24/08/11) un article (non signé) sur la « Goutte de lait » de Kenitra. Dans cet article on peut lire :

« À la suite de la décision du conseil municipal de la ville Kénitra de construire, à la place de constructions en charpente datant de l’époque du protectorat, un immeuble en verre de huit étages contenant notamment un complexe socio-culturel, projet qualifié par l’historien Abdelkader Bouras de “crime contre la mémoire collective de la ville “. »

« ” Goutte de lait “, du nom de la fondation internationale éponyme). Durant la grande famine ( Aam el boun), à l’époque du protectorat, les habitants de la ville faisaient de longues files d’attente à Dar lahlib pour recevoir les bons d’achat des produits de première nécessité, »

« Pour les contestataires du projet, les bâtiments font partie de la mémoire collective de la ville et témoignent des souffrances endurées par le peuple marocain sous le protectorat. »

« Selon M. Bouras, un symbole de la lutte et de la résistance du peuple marocain. M. Bouras affiche son intention de ne pas baisser les bras et appelle les associations de la société civile et les organisations politiques à lancer une campagne de collecte de signatures pour empêcher la destruction des locaux. »

« De son côté, M. El Madani El Maati, secrétaire générale de l’association des amis du Gharb et chercheur universitaire dans le domaine du patrimoine, sans nier la charge historique de Dar lahlib, rappelle qu’une commission mixte, à laquelle il avait participé aux côtés des représentants de l’agence urbaine, de la commune urbaine, de l’ordre régional des architectes, du ministère de la culture et de la province de Kénitra, avait été chargée de répertorier les bâtiments de la ville susceptibles de figurer sur une liste de patrimoine national. Trois critères devaient guider la commission dans son choix: l’importance architecturale, l’intérêt historique et l’état de la construction. La commission avait alors estimé que Dar lahlib n’avait d’intérêt architectural et n’était pas dans un bon état. »

Remarques :

“Crime contre la mémoire collective de la ville “. » !!!
 De quelle mémoire parle-t-on ? Nationale ou Coloniale ???

La grande famine ( Aam el boun)
 Quelle est la différence entre les grandes famines qu’a connues le Maroc au 18ème – 19 ème siècles et les conditions vécues lors de la seconde guerre mondiale (au Maroc et dans le monde) ???

« Témoignent des souffrances endurées par le peuple marocain sous le protectorat »
 On peut dire cela quand on n’a pas vécus à douar Rja Fellah, Douar Lbouchtyine, Douar Larma … sous le protectorat

 « Selon M. Bouras, la « Goute de lait » un symbole de la lutte et de la résistance du peuple marocain »
 Si la « Goutte de lait » est un symbole de la lutte et de la résistance du peuple marocain, qu’est ce qu’on peut dire de la « Place des Martyrs » ( Sahat chouhada)

 « De son côté, M. El Madani El Maati rappelle que… Les bâtiments de la ville susceptibles de figurer sur une liste de patrimoine national. Trois critères devaient guider la commission dans son choix: l’importance architecturale, l’intérêt historique et l’état de la construction. La commission avait alors estimé que Dar lahlib n’avait d’intérêt architectural et n’était pas dans un bon état. »

 Comme conclusion du dit article, la « Goutte de lait » « n’avait pas d’intérêt architectural et n’était pas dans un bon état. »

Que croire, « l’Historien″ ou le ″Chercheur″???

Goutte de lait de Kenitra : Historique

« Aucun renseignement sur le taux de mortalité des habitants [Européens entre 1912 et 1920]. Cette mortalité importante a été maintes fois signalée par les témoins :
″Les gens mouraient comme des mouches″
″Je suis arrivée en pleine épidémie de gastro-enterite. Les bébés mouraient comme des mouches″
p. 53
« Le départ des œuvres sociales est dû à l’initiative de Monsieur BECMEUR, le premier Contrôleur Civile de Kenitra.

 Cruellement éprouvés par la disparition de leur fils, mort tragiquement [suicide], Monsieur et Madame BECMEUR décidèrent de fonder une œuvre pour nourrir et soigner les bébés [Européens] de Kenitra et qui mouraient en grand nombre.

 Monsieur BECMEUR s’adressa à Madame la Maréchale LYAUTEY qui était la fondatrice de ″la Goutte de lait″ au Maroc. Celle-ci envoya sur place les religieuses ″Missionnaires de Marie″.

 Pour des différentes raisons, ces religieuses refusèrent l’offre.

 Mais en 1925, Marie –Emmanuelle BOUDE, la supérieure de la Congrégation du Sauveur et de la Sainte Vierge, dont la maison-mère se trouve dans la Creuse à LA SOUTERRAINE, sollicitée, envoya à Kenitra, la Mère SAINT-EUGENE, supérieure à ROME, accompagnée de quatre Sœurs…Leur travail consistait à stériliser le lait, à préparer les biberons »
p. 61-62
Kenitra (Ex Port-Lyautey)
Historique de la ville européenne sous le Protectorat Français 1911-1956
L.H LAPLANCHE

On se demande où est :
1 – La ″mémoire collective de la ville “. !!!
2 – ″ La grande famine ( Aam el boun)″
3 – ″Témoignent des souffrances endurées par le peuple marocain sous le protectorat″
4 – ″ le symbole de la lutte et de la résistance du peuple marocain″
5 – Copie du B.O citant les bâtiments répertoriés comme patrimoine architectural de la ville de Kenitra :

 La « Goutte de lait » ne figure pas sur cette liste.
Par contre la porte en arabesque de l’école Chaouki été répertoriée mais :

Porte répertoriée, sachant l’état actuel de la même porte !!

La ″Goutte de lait″ dans le Monde :

I – HISTORIQUE

Devant un contexte démographique et social alarmant, la première « Goutte de Lait » est fondée à Fécamp le 16 Juin 1894 par le Docteur Léon Dufour, médecin et humaniste. Une natalité et une mortalité infantile supérieure à la moyenne nationale sont constatées dans ce département. Les différentes causes de la mortalité sont :
- l’entérite
- la tuberculose
- l’alcoolisme maternel …
« Or, la cause de l’entérite vient de l’alimentation vicieuse des nouveaux-nés. »
« Le mauvais lait, voilà l’ennemi. »

 Les femmes adoptent précocement l’allaitement au biberon. Le choix des biberons et la qualité du lait (composition et lait contaminé) sont mis en cause.

Enjeu médical et politique

 La « révolution pastorienne » est un tournant majeur, la nécessité de la stérilisation du lait s’impose.

 Les initiatives, comme celle de Budin, Variot ou Dufour, concernant la lutte contre la mortalité infantile sont à mettre en parallèle avec la lutte antialcoolique, la lutte antisyphilitique et la lutte antituberculeuse, qui se développent à la même époque ; tous ces fléaux dépeuplent la France et frappent les générations à venir.

II – ACTION MÉDICALE, SOCIALE ET PÉDAGOGIQUE

 Organisation de l’œuvre de la « Goutte de Lait ».

L’allaitement maternel est encouragé ; dans le cas d’allaitement mixte, l’œuvre fournit du lait. L’œuvre se charge de préparer elle-même le lait si impossibilité physique ou sociale pour la mère de nourrir son enfant. Le lait fourni subit des contrôles à tous niveaux de la chaîne et il est « humanisé », c’est-à-dire modifié après centrifugation.

 Les mères de famille reçoivent leur panier de biberons stérilisés tous les jours en échange des biberons vides et de la tétine de la veille. Une consultation de nourrissons est jointe à la Goutte de Lait, consultation ouverte à tous, dont le fonctionnement est possible grâce à différentes subventions, dons, cotisations des membres.

Fonction sociale et morale

 L’existence d’une solidarité sociale car d’abord destinée aux femmes pauvres, l’œuvre admet finalement les autres classes sociales.

III – EFFICACITÉ RÉELLE MAIS LIMITÉE

- Croissance irrégulière du nombre d’enfants nourris et soignés à la « Goutte de Lait » entre 1894 et 1926.
- La promotion de l’allaitement maternel n’a guère été réalisée.
- Baisse de la mortalité infantile, qui ne vient pas seulement de la « Goutte de Lait », mais aussi de l’ouverture de la maternité en 1900 et de la création d’un service d’enfants à l’hôpital de Fécamp.

 Mortalité des enfants élevés à la « Goutte de Lait » :
section gratuite section _ payante section payante
Moyenne 1894/1907 20% 9% 5%
Moyenne 1894/1917 12% 4% 2%
L’efficacité est fonction de la situation sociale de ses « clients ».

IV – LA GOUTTE DE LAIT APRÈS LE DOCTEUR DUFOUR

 A la mort du Docteur DUFOUR en 1928, son gendre, le Docteur MAUPAS, associé depuis longtemps à la « Goutte de Lait », prend la direction de l’œuvre. La transition est difficile.

 L’œuvre es durable, mais elle s’essouffle car :
- les conditions sanitaires et sociales de la population s’améliorent
- les laits industriels ont fait leur apparition
- une nouvelle diététique infantile apparaît avec l’introduction des purées de légumes et de viande.
Les conditions qui l’ont fait naître (mortalité infantile due à la mauvaise alimentation et à la misère) ont disparu.

La Goutte de Lait de Fécamp est dissoute le 01.07.1972.

Livre-référence : Les biberons du Docteur DUFOUR
Édité par les Musées municipaux de Fécamp en 1997.

Rmili

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