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Tramway : Des parkings sur la voie ferrée

Plusieurs tronçons de la plateforme du tramway ont été transformés pour servir de place de stationnement aux véhicules.

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De nouveaux parkings viennent de voir le jour. Des parkings s’étalant en longueur, en pleins boulevards de la métropole, et offrant à foison des places de stationnement. Parfois gratuitement même. Chose qui ne saurait que ravir, par ces temps où l’horodateur partage à Damoclès son épée. Ces parkings ont vu le jour grâce au squat de la plateforme voie ferrée du tramway par les automobilistes. Faute de places de stationnement en bonne et due forme, à plusieurs endroits de la ville, principalement au boulevard Anoual ou à Sidi Maârouf, puis Hassan II tout récemment, l’on n’hésite guère à faire monter son véhicule sur la plateforme où circulera bientôt le tramway.

A chacun de ces endroits, des gardiens de voiture s’affairent à aider les automobilistes à bien garer leur véhicule, comme si de rien n’était. Certains d’entre eux se sont improvisés gardiens de voitures, tandis que l’écrasante majorité est composée de gardiens qui officiaient dans les parages, et dont l’espace de travail a été englouti par les travaux du tramway.

Parole de gardien

«Avant les travaux du tram, je travaillais sur cette rangée du boulevard qui va jusqu’au feu rouge (ndlr, près de 250 m). Aujourd’hui, il ne reste plus que deux voies pour la circulation, la troisième qui servait au stationnement et qui était mon gagne-pain a disparu. Je dois me débrouiller, car j’ai des bouches à nourrir, du coup j’exploite la plateforme du tramway, tant qu’il n’est pas opérationnel. D’ici là, on verra si les autorités penseront à un dédommagement de toutes les personnes qui vivaient du gardiennage et qui se sont retrouvées aujourd’hui sans emploi», explique ce gardien. Mais une fois bien stationné sur la plateforme, qu’en est-il des risques encourus ? Un débarquement de dépanneuse n’est-il pas à craindre ?

«Oh que si !», précise notre gardien. «Elles ne viennent pas souvent, mais il arrive parfois qu’elles débarquent sans crier gare. Quand c’est le cas, je me barre et les laisse faire, ça me fait de la peine pour les clients que j’ai garés, mais je n’y peux rien, je suis dans l’illicite», souligne-t-il.

Sur un autre plan, ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur n’est pas sans causer préjudice au maître d’ouvrage Casablanca Transport. En effet, l’exploitation sauvage de la plateforme à des fins de circulation ou de stationnement endommage celle-ci.

«C’est une grande problématique, car la plateforme n’est pas dimensionnée pour la circulation ou le stationnement des voitures, et cela ne peut qu’endommager l’ouvrage. D’ailleurs, sur certains tronçons exploités à cette fin, nous avons dû engager des travaux de réparation, d’entretien, avec tous les coûts que cela suppose», explique Youssef Draiss, DG de Casa Transport.

Préjudice à l’ouvrage

Face à cette situation, notamment au boulevard Anoual, le maître d’ouvrage a procédé à la pose de barrières en béton empêchant l’accès à la plateforme.

Rien n’y fait, puisque les gardiens se mettent à plusieurs pour déplacer les énormes structures bétonnées, afin de libérer l’accès de la voie ferrée aux voitures. Cela n’est pas sans faire éclater des bagarres entre gardiens et responsables de Casa Transport. Le maître d’ouvrage tente de régler la situation en concertation avec la wilaya et les services de police. Des réclamations sont faites régulièrement auprès des services concernés. Aussi, pas moins de trois opérations d’enlèvement de véhicules manu militari par les dépanneuses sont menées chaque semaine.

«Finalement, nous sommes en train de réfléchir à mettre en place des barrières le long de la plateforme. Certes, cela risquerait de ternir un peu la beauté du paysage urbain, mais nous n’avons pas le choix et nous sommes contraints de procéder de la sorte, surtout au niveau du boulevard Anoual qui reste un axe problématique et sur lequel nous garderons lesdites barrières tant que le phénomène du stationnement est observé. Mais, rassurez-vous, nous avons pensé à quelque chose qui ne soit pas très visible sur le paysage urbain», conclut Youssef Draiss.


Objectif 12/12/12

Le tramway avance à pas de géant et le maître d’ouvrage met les bouchées doubles afin d’être à l’heure le 12 décembre 2012. Valeur d’aujourd’hui, les essais dynamiques des rames se font désormais sur une distance de 14 km. Celle-ci s’étend du centre de maintenance sis à Sidi Moumen jusqu’au Pont Carneau. La longueur du tronçon testé s’allonge au fur et à mesure qu’une partie est balisée et déclarée conforme aux normes de fonctionnement et de sécurité requises. De même, selon Casablanca Transport, les travaux avancent conformément au calendrier préalablement fixé et la livraison du nouveau-né devrait se faire dans les délais.

Abdelhakim Hamdane, LE MATIN

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